Une partie du texte est extraite d'un texte que m'a transmis le Dr.Jean BRIERE porte parole du MEI

La croissance verte est la nouvelle expression à la mode qui doit, pense-t-on, sauver le capitalisme et relancer la croissance. Le capitalisme vert est ainsi le nouvel habillage tendance pour maintenir les profits et les inégalités auxquelles nous devrons nous attaquer. On verra rapidement les contradictions apparaître comme il en a été avec les agro carburants.

Illustration cf. le Monde du samedi 13 juin 209 page20 et 21 horizons débats : Article de Luc Ferry, titre : Réconcilier régulation, développement durable et globalisation. Daniel Cohn Bendit rompt avec la tentation du fondamentalisme vert. Fin de l’article : » De ce point de vue la victoire éclatante de Daniel Cohn-Bendit aux européennes est une heureuse nouvelle, y compris pour ceux qui ne partagent pas, loin de là toutes se idées. Elle signifie deux choses importantes ; d’abord que l’écologie rompt avec la tentation du fondamentalisme vert, pour se réconcilier avec la démocratie, le réformisme voir la logique du marché auquel elle devra s’intégrer pour devenir tout simplement réelle. Ensuite que ceux qui ont parlé d’Europe dans la campagne ont eu raison de le faire

J’hallucine …après l’économie sociale de marché, nous voila avec l’économie sociale libérale d’éco-marché à croissance verte… A noter que les écologistes n'ont jamais exclu l'économie de marché comme moyen essentiel d'échange...Ce qui est en cause c'est le rapport Production-Accumulation- consommation- répartition avec l'épuisement des ressources naturelles et la fin programmée du pétrole...

Autre question question posée à Luc Ferry: Et le modèle énergétique français basé sur le nucléaire ? (question curieuse et révélatrice, le nucléaire ne concerne que la production d’électricité et il n’y a pas de modèle énergétique français)



réponse de Luc Ferry:

« : La France me fait l’effet d’une île politique plutôt hermétique entourée par une mer de réalité qui s’appelle le monde économique » « Que la politique de protection du climat est très profitable économiquement, « En principe avec optimisation des usages et la fins des gaspillages les 7 milliards de terriens pourraient tous avoir le standard de vie américain » De quoi réjouir les productivistes de tout poil… Croire ou faire croire qu’en évitant quelques gaspillages dans les pays riches et en y optimisant les usages (Même s’il faut le faire) notre mode de vie et celui des américains, auquel aspire tout habitant des pays pauvres, est possible pour tous grâce à la formule toxique du développement durable relève de la démagogie et de la pire aberration.

A noter par ailleurs une déclaration pour le moins surprenante d’Edgar Morin : La décroissance matérielle conduira dans l’état actuel des choses à une pénurie grave et la poétisation de la vie risque fort de ressembler à la poétisation de la vie dans les le style de celle des camps de camps de concentration…

Que je sache, c’est bien la croissance, désormais impossible du fait de la crise écologique qui conduit à la pénurie et à la misère et c’est vouloir contre toute évidence nier l’urgence d’une société de décroissance qui risque de conduire à la barbarie…

Si Jean Godrey d’ATTAC montre un début de prise de conscience de la décroissance, il envisage comme Kempf l’inévitable retour aux Champs du fait de la baisse de la productivité du travail et l’obligatoire renoncement aux techniques agricoles actuelles. Mais il ignore lui aussi le rôle fondamental de l’énergie comme moteur de notre civilisation industrielle

C’est évidemment ce point que nous devrons développer et notamment démystifier la soi-disant possibilité de remplacer les énergies fossiles par les énergies alternatives tout en maintenant notre mode de vie actuel. cf. illusions style « centrales photovoltaïques« de Borloo. A en croire la presse, le premier écolo de France c’est Sarkozy qui n’hésite pas à déclarer «Il est donc important que ma croissance verte, c’est le capitalisme vert »…ou encore de parler de la nécessaire » révolution verte »…Désormais l’écologie est totalement pervertie, banalisée et récupérée dans le mauvais sens.

Lors des élections régionales de 2010 Si les écologistes font une campagne honnête sur maîtriser la décroissance en la répartissant équitablement sur le plan social ils seront inévitablement classés comme fondamentalistes, radicaux, intégristes, Khmers verts selon la formule de nos amis dits de gauche. De plus, l’électorat qui s’est abstenu est surtout ouvrier et il est brouillé avec l’écologie, car de mon point de vue, même en réduisant au maximum les inégalités sociales on ne peut pas lui promettre une forte augmentation de son pouvoir d’achat, y compris en répartissant plus équitablement les biens matériels produits.

Quelles perspectives ?

Lors des prochaines échéances électorales, l’ennui c’est que le PS et son appendice PC- Mélanchon, c’est la croissance toute. Sauf si le rapport de force est déterminant, Il serait impossible aux écologistes de parler de décroissance. Quand au Modem c’est une planche pourrie, là encore impossible d’aborder le problème de la décroissance. Lepage et Benhamias c’est pire que le PS.

Le problème est que si nous faisons une campagne non démagogique notamment si l’on aborde clairement le problème de la décroissance ou plus précisément si nous dénonçons l’escroquerie de la croissance verte qui conduit à une impasse, cela sera difficile à négocier. Je ne pense pas que la gauche est prête à admettre que ce qui est à l’ordre du jour, c’est plutôt que de subir la décroissance il faut l’anticiper et qu’il faut dès maintenant prendre des mesures qui nous permettront de la maîtriser, avec évidemment cette clause décisive, qu’elle doit être équitablement partagée, c’est une redite mais il faut être clair là-dessus. Ce qui veut dire aussi qu’en aucun cas un marché dérégulé habillé de croissance verte et de développement durable ne peut résoudre le problème.

La seule solution consiste à présenter des listes autonomes dans l’esprit et dans la forme tel que cela s’est fait avec Europe Ecologie, il y a je pense consensus sur ce point, car les partenaires potentiels des écologistes ne connaissent que le seul langage du rapport de force. Surtout pas d’anathème pour qui que ce soit dès lors que l’on s’inscrit dans ces fondamentaux de l’urgence de la révolution écologique. En disant cela je pense à tous mes amis écologistes qui avaient fait le choix d’une autre liste aux Européennes, notamment les sympathisants et membres du MEI dont on ne peut douter des convictions. La région, dont les compétences ne peuvent que s'accroître ainsi que les moyens budgétaires, est un espace qui peut permettre de développer des initiatives économiques conforme à l'urgence face aux effets de la crise écologique. Poursuivre dans l'esprit d'Europe écologie, cela devrait permettre de rassembler tous les écologistes grace au dialogue sans à priori avec toutes les organistions ou groupes qui en font la demande sans poser de préalable. l'existence de Plusieurs listes écologistes, bien que d'inégale importance, ne pourraient qu'affaiblir durablement les Verts et par là même l'écologie politique ...Pour le plus grand plaisir du PS et de tous les chantres du productivisme à gauche comme à droite.

Je crains toutefois que les Verts renouent avec leurs vieux démons, entre ceux qui placeront le "parti guide", fort du résultat des Européennes dont ils s'approprieront l'exclusivité ,ouvert certes mais en excluant toute discussion ( on est d'accord, pas de discussion possible, on se ralie ou on dégage...) et ceux qui n'ont pour objectif que le seul résultat électoral au détriment du projet, quitte à aller chercher des personnalités médiatiques, y compris sans grande conviction écologique...Et surtout très éloignées de la radicalité du message écologiste pour ne pas éffaroucher l'électorat "BoBof"

Qu'importe mon avis et mon pessimisme... je pense que "l'électoralisme" chez Verts l'emportera de toute façon !